Recensions de quelques livres…

 

Jacques SCHEUER,
Parole et silence. Un patrimoine de l’Inde hindoue,
Almora éditions, Collection Les Deux Océans, Paris, 2022, 232 p.

L’ouvrage dont le jésuite Jacques Scheuer nous fait cadeau est un de ces livres universels qui condense en un peu plus de deux-cents pages l’essentiel du patrimoine de l’hindouisme. Cela signifie qu’il nous présente à la fois les principaux jalons, le noyau de sagesse, l’esprit et la pratique des traditions religieuses, ainsi que les grandes figures qui en ont émaillé le parcours.

Une des grandes qualités de ce livre tient dans la clarté d’évocation de ce monde, tout en ne bradant pas l’exigence et la précision de notions très spécifiques. En d’autres termes, autant le spécialiste que le néophyte, peut y trouver matière pour guider ses pas ou poursuivre des investigations plus pointues. Ils sont rares ces ouvrages qui ont à la fois le souci de la rigueur scientifique autant que de la vulgarisation, pour un public néanmoins désireux d’y investir une réflexion exigeante.

La clé de cette réussite ne tient-elle pas dans la passion de l’auteur, dont on perçoit à chaque page qu’elle l’anime et le pousse à peaufiner toujours plus la qualité de son travail, poursuivi depuis des décennies ? Une chance pour nous qui pouvons bénéficier des fruits exceptionnels de cette longue quête.

On se réjouira également d’y trouver des approches pleines de saveur des différents auteurs et poètes de l’hindouisme. Jacques Scheuer nous en fait goûter le meilleur et nous n’avons qu’une seule envie, en refermant le livre, c’est d’aller nous (re)plonger dans les textes lumineux de Tagore ou de Gandhi, ou de découvrir les lignes subtiles des Upanishad.

Ce qui rend cet ouvrage absolument inédit, et donc incontournable, se révèle dès son titre : « Parole ET silence ». Parce que le foisonnement de textes, de notions et d’évocations, pourrait nous faire passer à côté d’un élément central de la sagesse et de la pratique hindoue : la nécessité du silence, venant équilibrer avec justesse ce qui pourrait se perdre dans les mots. Qualité première, dont toute sagesse authentique s’imprègne, mais que l’on étouffe bien souvent par notre irrépressible besoin de savoir, de combler, d’expliquer. Bienheureux silence auquel Jacques Scheuer nous reconduit avec délicatesse, nous invitant à poursuivre le chemin par-delà les mots, dans un détachement incontournable pour une quête en vérité.

On ne saurait trop recommander ce livre, tant il nous accompagne sur le chemin et auquel on retourne comme à une source pour le poursuivre dans la passion et la sérénité.

Benoît GOFFIN

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Shohaku OKAMURA,
Réaliser Genjôkôan.

La clé du Shôbôgenzô de Dôgen.
Paris, Almora, (2016) 2022, 318 p.

Jeune moine bouddhiste de l’école Tendai, Dôgen (1200-1253) cherchait en vain auprès de maîtres japonais la réponse à ses questions sur le sens de la méditation. C’est en Chine qu’il finit par trouver des enseignements qui modifièrent profondément sa compréhension. Le Genjôkôan est l’un des premiers textes qu’il composa peu d’années après son retour au Japon. On peut tenter d’en traduire le titre par « Actualisation de la réalité » ou, plus librement, « Répondre à la question de la vraie réalité à travers la pratique de notre activité journalière » (46). Ce petit texte de quatre ou cinq pages figura par la suite en tête du recueil qui constitue l’œuvre majeure de Dôgen, le Shôbôgenzô, « Trésor de l’œil du vrai Dharma ». Cette œuvre est célèbre pour les difficultés qu’elle présente : « poétique, remplie d’allusions classiques à des termes bouddhiques et chinois, et imprégnée de nombreux jeux de mots, d’astuces verbales et de syntaxe enchevêtrée intentionnellement, tout cela visant à donner naissance à la signification interne des enseignements bouddhiques » (14). Il suffit de comparer deux ou trois traductions occidentales pour se convaincre des difficultés de la tâche.

Il fallait donc un commentaire tout à la fois fondé sur la tradition ancienne du Zen et adapté à des lecteurs du 21e siècle, y compris des disciples ou des lecteurs occidentaux. C’est ce que réalise avec clarté et pédagogie Sh. Okamura. Au sortir d’une adolescence marquée par le sentiment d’une existence dénuée de sens, il découvrit le Zen, fut reçu comme moine dans l’école Sôtô et devint disciple d’Uchiyama Rôshi. Sa vie de traducteur des œuvres de Dôgen et d’enseignant et fondateur de centres de zazen se partagea ensuite entre le Japon et les États-Unis.

Dans ce livre, tout en suivant pas à pas le texte du Genjôkôan, Okamura situe l’approche du Zen dans le cadre des développements du bouddhisme, des origines indiennes aux écoles de la Chine et du Japon, afin de mettre en lumière les perspectives doctrinales qui inspirèrent à Dôgen sa pratique du shikantaza : « simplement s’asseoir ». Bien informé des études spécialisées sur la langue et la pensée de Dôgen, l’auteur demeure avant tout soucieux d’éclairer la pratique méditative. – Un appendice d’une cinquantaine de pages propose la traduction française de la biographie de Dôgen par le coréen Hee-jin Kim, que l’auteur considère comme la meilleure.

Jacques SCHEUER

Brochures

Pierre de BÉTHUNE

  • Wabi, V.O. suppl au Bull. 37, 1990 (épuisé)
  • Hannya Shingyo (Clerlande)
  • Zen No Kokoro, V. O., 1994 suppl au Bull. 53, 1994 (épuisé)

 

Bernard DUREL

  • Prière du Nom, Choisy-le-Roi : DIM (1995)
  • Proximité et distance (pas en Bib)
  • Tauler (après 1991) s.l. s. d.
  • Nuage d’inconnaissance, Strasbourg (1996)
  • Maitre Eckhart s.l.s.d. (1998)
  • Koans et paraboles (pas en Bib)
  • Retrouver les voies du non-faire. Associations S’Asseoir et Le Souffle 2018

La plupart des ouvrages de Bernard DUREL sont publiés par l’Association « S’Asseoir » à Strasbourg

Voies de l’Orient

  • (éd.), Enseignements d’Oshida, 2009, V.O.
  • Dialogue interreligieux, chemin… (déclaration des Assises 2014), V. O.

La plupart de ces brochures sont disponibles dans notre bibliothèque

                   Colloques

                   Les « Assises » des Voies de l’Orient

 

De 1996 à 2014, les Voies de l’Orient ont organisé tous les trois ans avec la collaboration d’une équipe internationale trois à quatre jours des rencontres et de colloques.
Ces rencontres se sont appelées « Assises » en souvenir de la « Journée de prière pour la paix » réalisée à l’invitation du Pape Jean-Paul ḬḬ, faisant converger à Assise en octobre 1996 des représentants de toutes les traditions spirituelles de l’humanité.
L’objectif de nos Assises était :
« Se rencontrer et se connaître, partager interrogations et aussi potentiels de chacun au cœur de nos sociétés plurielles. Ce fut des occasions rares de réaliser collectivement la richesse de la rencontre des spiritualités et de réfléchir ensemble aux questions comme aux perspectives que cela pose à la foi et la vie chrétienne. »

Thèmes abordés (pour 2009 et 2014, vous pouvez cliquer sur le lien vers les textes) :
1996 Premières rencontres européennes
1999 Boîte à plusieurs puits. Multi-appartenance ? avec un livre publié par Dennis GIRA et Jacques SCHEUER (dir), Vivre de plusieurs religions : prouesse ou illusion ?
Paris de l’Atelier…
2003 Chemins de transformation : les enjeux personnels de la rencontre
2006 Le corps et ses langages, lieu de la rencontre
2009 L’être humain, carrefour d’énergies
2014 Message final des Assises 2014. Le Dialogue Interreligieux. Chemin de transformation intérieure.