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Colette POGGI, La Bhagavad Gîtâ, ou l’art d’agir.

Illustrations d’Émilie Poggi. Paris, Équateurs, 2020, 226 p., 22 €.

Que, plus de deux mille ans après sa rédaction, la Bhagavad Gîtâ puisse être présentée comme « un voyage pour le temps présent » et un guide de « l’art d’agir », cela n’étonnera guère ceux qui connaissent le poids de ces paroles de sagesse dans le monde indien, dans le monde hindou. « Lointain et proche, immémorial et si actuel », ce texte « parle de notre vie, ici et maintenant ». En nous invitant à une lecture renouvelée, Colette Poggi réussit un double pari : introduire par petites touches dans cet univers si distant et mettre en lumière ce que ce message, cet art de vivre, nous suggère aujourd’hui. Si le passage semble ici naturel, si cet incessant aller et retour évite de forcer le texte, c’est grâce au souci constant d’aller à l’essentiel, d’habiter la couche profonde où les vraies questions sont universelles.

Au fil des interrogations d’Arjuna et des conseils de Krishna, de nombreux extraits de la Bhagavad Gîta sont cités dans une traduction qui, sans être littérale ni exotique, aide à pénétrer le sens originel et sa portée actuelle. À l’entour de la Gîtâ, comme une broderie qui va s’élargissant, mais sans perdre de vue l’axe central, des allusions à la musique et la peinture, au théâtre et à la danse. De même, des passerelles vers des figures indiennes plus récentes (Abhinavagupta, Vivekananda, Tagore, Gandhi, Vandana Shiva…), vers les sages du taoïsme chinois, vers des silhouettes d’autres régions du monde, de Maitre Eckhart à Martin Buber ou Nelson Mandela, lecteur de la Gîtâ. Partout présent : le yoga comme « discipline de l’union corps-souffle-esprit, individu-univers », « art de la jonction », « art d’agir qui rend meilleure toute action ».

En contrepoint du texte, les illustrations d’Émilie Poggi, toutes en légèreté, accompagnent l’aller et retour, la quête de « l’art d’agir et de vivre en harmonie ».

Un livre à lire et à regarder. À consommer sans modération mais patiemment, à petites doses.

Compte-rendu de Jacques SCHEUER

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Arjuna, ne serait-ce pas nous ? Aux prises avec le doute et l’angoisse… Contre toute attente, alors qu’il s’est laissé tomber au fond du char, immobile, en silence, Arjuna est prêt, pour la première fois, à recevoir une parole autre.

Krishna aussi nous ressemble. Il correspond à cette dimension profonde, au-delà des intransigeances du petit moi, là où vibre la musique de l’univers. (53)

Nous pouvons entendre ce dialogue comme celui de deux hommes sur un champ de bataille. Nous pouvons aussi traverser le miroir et nous mettre à l’écoute d’une parole qui nous est adressée. Le champ de bataille, c’est la scène de l’existence, les personnages, deux dimensions en nous-mêmes, deux profondeurs de conscience.

Cet échange est en vérité un dialogue avec la vie… Ne gaspillons pas le trésor de la vie. (70)

Penchons-nous, sans regard préfabriqué, à la fenêtre du monde. Ne restons pas otages des images mentales dont nous ignorons souvent l’origine. Mais comment savoir si je suis apte à porter, ici et maintenant, un regard limpide, sans a priori, sur le monde ? Ou encore, comment discerner mon svadharma, ce qui doit être accompli à travers moi, sans attachement ni attente égoïste ? (136)

Comme Arjuna, passager du char, entre terre et ciel, entre deux rangées d’ennemis, tout être humain n’est autre qu’un voyageur, un nomade du samsâra. Se mettre en marche signifie abandonner, faire confiance, quitter à chaque pas un équilibre éphémère… Nous sommes des funambules dansant sur le fil du hasard, sans aucune certitude ni contrôle sur le monde… (144)

L’essentiel est de retrouver sa vraie nature, traverser les turbulences du moi vers le Soi, cette étincelle universellement partagée. Ainsi devenons-nous d’instant en instant une âme « artisane », capable de métamorphose, dans l’élan d’une action désintéressée et enthousiaste : « Accomplir, c’est s’accomplir ». (212)

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Paul SERVAIS (dir.),
Connaissons-nous la Chine ?

(collection Rencontres Orient – Occident, 22)

Louvain-la-Neuve, Academia – L’Harmattan, 2020, 238 p., 25 €.

Le titre reprend celui d’un essai publié par René Étiemble en 1964, année de l’établissement de relations diplomatiques entre la République populaire de Chine et la France. En un bon demi-siècle, les relations de la Chine et de l’Occident, de la Chine et du monde, se sont intensifiées, diversifiées. Hermétiquement fermée sur elle-même durant la « Révolution culturelle », la Chine est à présent entr’ouverte… et elle est présente sur tous les continents. Pour autant, la connaissons-nous ? L’interrogation d’Étiemble ne demeure-t-elle pas tout aussi actuelle et pertinente aujourd’hui ?

Ce recueil rassemble les contributions de conférenciers chinois et occidentaux lors de deux journées à Louvain-la-Neuve. Il s’ouvre sur une introduction substantielle de Thierry Marres. S’inspirant librement d’essais récents de penseurs chinois et occidentaux (et martiniquais), il esquisse en quatre étapes un mouvement progressif de découverte et de rencontre de l’autre : connaître et comprendre, accepter, relier, entrer en résonance.

Un premier ensemble présente et analyse quelques rencontres récentes, parfois fécondes, parfois décevantes. Il y est notamment question d’Étiemble, de Roland Barthes, des débats entre François Jullien et Jean François Billeter : Chine et Europe sont-elles (in)comparables ? peuvent-elles se comprendre, peuvent-elles apprendre l’une de l’autre ? De tels débats ne concernent pas qu’une poignée d’intellectuels. Dans des domaines bien prosaïques mais aux conséquences lourdes, que savons-nous du fonctionnement actuel de l’économie chinoise, que connaissons-nous de ses rouages politiques, de ses mutations sociales profondes mais quasi imperceptibles pour nous ?

Le second ensemble s’interroge sur les manières changeantes, qu’elles soient anciennes ou contemporaines, d’interpréter et de présenter l’histoire de la Chine et celle de ses relations avec le reste du monde. Il s’agit du regard des Chinois sur leur propre passé, un regard souvent influencé, depuis un bon siècle, par les perspectives occidentales ; il s’agit aussi du regard des étrangers : trop souvent, « qui parle de Chine, parle de soi » (11). Que cachent et que révèlent – ou que trahissent – leurs manières et nos manières d’écrire l’histoire ?

Des exemples très divers fournissent de bonnes illustrations : l’image (diffusée notamment par les missionnaires jésuites des 17e-18e siècles) du monde chinois comme un empire pacifique et gouverné de manière sage et rationnelle ; l’importation de main d’œuvre chinoise en Europe occidentale et en Russie durant la 1e Guerre Mondiale ; la perception chinoise des populations périphériques, en particulier des aborigènes ou « peuples autochtones » de Taiwan ; la réinterprétation, dans l’art contemporain, de figures mythiques de l’Antiquité chinoise ; la diffusion et la réception en Occident de thèmes taoïstes, que ce soit par les nombreuses traductions de Laozi et Zhuangzi ou à travers telle chanson des Beatles…

Ces quelques coups de sonde devraient suffire à mettre en garde : pas plus que l’Europe (par exemple), la Chine n’a été une réalité parfaitement homogène, immobile, immuable depuis 5000 ans. Relire cette histoire dans sa complexité, dans sa riche diversité, dans ses évolutions imprévisibles, c’est aussi la relire en prenant conscience des mutations de nos propres intérêts (à tous les sens du mot) au fil du temps. Tant il est vrai que, avant d’apporter des réponses ou du moins des éclairages, la recherche historique repose d’abord sur l’art de « poser les véritables questions » (231).

Compte-rendu de Jacques SCHEUER
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Michel Maxime EGGER (éd.),
L’Etre caché du cœur.
Voies de la contemplation,
Labor et Fides, 2020.

Dans la « Petite Bibliothèque de Spiritualité » des éditions Labor et Fides, le théologien et sociologue orthodoxe Michel Maxime EGGER vient de publier un recueil de textes issus de la Philocalie des Pères neptiques. Cette anthologie d’écrits monastiques du christianisme oriental, rédigés entre le IVe et le XVe siècle, est notamment à l’origine de la prière du cœur et inspira les célèbres « Récits d’un pèlerin russe » au XIXe siècle. Le chemin de l’hésychasme y est décrit par une trentaine d’auteurs spirituels, que l’auteur a classé par ordre thématique, au terme d’une importante présentation de l’histoire, des fondements, du chemin et de la méthode. Véritable trésor spirituel qui s’adresse à tous en visant la transformation intérieure, il est présenté dans un souci d’actualisation des textes qui exclut le langage passéiste et culpabilisant. Leur agencement permet une lecture très personnelle, en se laissant guider par son intuition propre.

Un compagnon de chemin intérieur précieux en même temps qu’une plongée particulièrement éclairante dans ce patrimoine particulièrement riche de la spiritualité chrétienne orientale.

Compte-rendu de Benoît GOFFIN

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Brochures

Pierre de BÉTHUNE

  • Wabi, V.O. suppl au Bull. 37, 1990 (épuisé)
  • Hannya Shingyo (Clerlande)
  • Zen No Kokoro, V. O., 1994 suppl au Bull. 53, 1994 (épuisé)

 

Bernard DUREL

  • Prière du Nom, Choisy-le-Roi : DIM (1995)
  • Proximité et distance (pas en Bib)
  • Tauler (après 1991) s.l. s. d.
  • Nuage d’inconnaissance, Strasbourg (1996)
  • Maitre Eckhart s.l.s.d. (1998)
  • Koans et paraboles (pas en Bib)
  • Retrouver les voies du non-faire. Associations S’Asseoir et Le Souffle 2018

La plupart des ouvrages de Bernard DUREL sont publiés par l’Association « S’Asseoir » à Strasbourg

Voies de l’Orient

  • (éd.), Enseignements d’Oshida, 2009, V.O.
  • Dialogue interreligieux, chemin… (déclaration des Assises 2014), V. O.

La plupart de ces brochures sont disponibles dans notre bibliothèque

                   Colloques

                   Les “Assises” des Voies de l’Orient

 

De 1996 à 2014, les Voies de l’Orient ont organisé tous les trois ans avec la collaboration d’une équipe internationale trois à quatre jours des rencontres et de colloques.
Ces rencontres se sont appelées “Assises” en souvenir de la “Journée de prière pour la paix” réalisée à l’invitation du Pape Jean-Paul ḬḬ, faisant converger à Assise en octobre 1996 des représentants de toutes les traditions spirituelles de l’humanité.
L’objectif de nos Assises était :
« Se rencontrer et se connaître, partager interrogations et aussi potentiels de chacun au cœur de nos sociétés plurielles. Ce fut des occasions rares de réaliser collectivement la richesse de la rencontre des spiritualités et de réfléchir ensemble aux questions comme aux perspectives que cela pose à la foi et la vie chrétienne. »

Thèmes abordés (pour 2009 et 2014, vous pouvez cliquer sur le lien vers les textes) :
1996 Premières rencontres européennes
1999 Boîte à plusieurs puits. Multi-appartenance ? avec un livre publié par Dennis GIRA et Jacques SCHEUER (dir), Vivre de plusieurs religions : prouesse ou illusion ?
Paris de l’Atelier…
2003 Chemins de transformation : les enjeux personnels de la rencontre
2006 Le corps et ses langages, lieu de la rencontre
2009 L’être humain, carrefour d’énergies
2014 Message final des Assises 2014. Le Dialogue Interreligieux. Chemin de transformation intérieure.